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Avant-premières

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Uniformes

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Anciens combattants

Il est à noter que les Européens d'Afrique du Nord (dont 14% seront mobilisés pendant le conflit) fournirent la majorité des cadres et les populations non-européennes (du Maghreb ou d’Afrique noire) la majorité des troupes combattantes jusqu’au débarquement en Provence. Ces deux détachements placés sous les ordres du général De Lattre de Tassigny vont fusionner en juillet 1944 pour devenir l’Armée B (que rejoindront les FFI, alors que les FFL sont déjà présents dans le cadre de la 1ère DFL, ex-Division motorisée d'infanterie), puis, en septembre 1944, la 1ère Armée française.
Dans les manuels d'histoire et dans la mémoire collective, la Libération de la France et de l'Europe semble n'être que le fait du débarquement de juin 1944 en Normandie, de l’action des résistants et de l’offensive soviétique sur le front de l’Est. C’est oublier l’offensive par le Sud et l’Italie
(3), après la victoire en Tunisie et le repli des troupes de l’Axe, qui vont permettre l’ouverture d’un second front avant le débarquement à l’Ouest, en Normandie. Ces durs combats allaient pourtant permettre de prendre en tenaille l'armée allemande et ainsi de mobiliser une grande partie de ses troupes dans le Sud, facilitant ainsi la progression des troupes soviétiques à l’Est en 1944 et celle des troupes anglo-américaines sur le front ouest à partir de juin 1944. Lors de la campagne de Tunisie, les pertes furent très élevées, selon les chiffres donnés par le S.H.A.T. (Service historique de l'armée de terre) qui font état de : 1158 tués pour les FFL, 2300 au total en Tunisie toutes unités confondues, 6255 pour la campagne d’Italie (4), de Corse (5) et de l’Elbe (6), puis 14.900 pour la campagne de France et d’Allemagne, soit 24608 tués sur un total de 115.806 morts pour l’ensemble du

conflit (dont 90 .000 en 1940, et 1.193 pour l’Armée d’Armistice). En ajoutant les victimes civiles (en métropole) on arrive à 535 967 Français morts lors du conflit (ce chiffre intègre les déportés, les résistants, les combattants, les victimes de bombardementsÉ).
L'engagement des Français au cours de la libération de l'Italie et plus particulièrement lors des combats meurtriers autour de Monte Cassino, contribuèrent au repli des troupes allemandes aguerries, au prix de lourdes pertes. Rejointe par les FFI et les FFL, la 1ère armée Française avec le débarquement en Provence (15 août 1944) va ensuite libérer Toulon, Marseille Lyon, Dijon, BelfortÉ Très loin des feux des projecteurs et de la presse qui n'eurent d'yeux que pour la progression anglo-américaine de Normandie et la très politique libération de Paris et Strasbourg par les Français de la 2ème DB de Leclerc qui se fera sans les troupes venues du domaine colonial.

Texte de P. Blanchard

(1) 20 juillet 1940 : Ralliement de l'administration française des Nouvelles-Hébrides ; 27-28 août 1940 : Ralliement du bloc AEF-Cameroun, à l'exception du Gabon ; 2 septembre 1940 : Ralliement de Tahiti ; 9 septembre 1940 : Ralliement des Comptoirs de l'Inde et 19 septembre 1940 : Ralliement de la Nouvelle-Calédonie.
(2) 28 novembre 1942 : Ralliement forcé à la France combattante de la Cote Française des Somalis et 30 novembre 1942 : Ralliement à la France combattante de l'île de la Réunion.
(3) 11-18 mai 1944 : Percée des forces françaises commandées par le Maréchal Alphonse Juin, au Garigliano.
(4) 10 juillet 1943 : Débarquement allié en Sicile.
(5) 8 septembre-4 octobre 1943 : Participation de l'armée française à la libération de la Corse.
17-18 juin 1944 : Prise de l'Île d'Elbe par le Maréchal Jean-Marie de Lattre de Tassigny.