Enseignants, des projections en avant-première du film Indigènes seront organisées pour vous et vos classes en septembre. Contactez-nous pour plus de renseignements. Vous pouvez aussi télécharger le dossier d'accompagnement pédagogique au format PDF en cliquant ci-dessous.

Avant-premières

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Anciens combattants

En 1940, la France est vaincue et 1.400.000 soldats français sont prisonniers en Allemagne (40.000 décéderont en captivité). L'Armée française n'existe plus. Pendant près de deux années, l’Empire colonial va être au centre des enjeux de légitimité entre les forces gaullistes et le régime de Vichy. Dès le 18 juin 1940, et dans la foulée de l’appel du général de Gaulle à poursuivre la lutte, les ralliements sont d'abord individuels. En juillet 1940, la France Libre peut compter sur un peu plus de 7.000 hommes. Puis, ses effectifs vont croître tout au long de l’année 1940, à la suite du ralliement de plusieurs colonies africaines, océaniennes et asiatiques : Tchad, Oubangui-Chari, Congo et Cameroun, Comptoirs de l'Inde, Océanie, Nouvelle-Calédonie, et Wallis et Futuna (1). Ce soutien de l’empire colonial donne une légitimité à la France Libre et va lui permettre de s’imposer, petit à petit, aux côtés des alliés dans le conflit.
En Afrique de l’Ouest, de Gaulle a échoué en 1940 dans sa tentative de prendre Dakar aux forces fidèles à Vichy, et il décide d’installer les FFL au Gabon début novembre 1940. Les forces de la France Libre, encore peu nombreuses numériquement, vont ensuite participer à différents combats au côté des Alliés : combats dans le Fezzan, en Érythrée ou en Libye. L’opération de Syrie, en juin 1941, marque un tournant important après la défaite des troupes fidèles à Vichy face aux troupes de la France Libre. À Bir Hakeim, en mai-juin 1942, c’est la 1ère brigade des Forces françaises libres du général Koenig qui participera au combat contre les troupes de l’Axe et l'Afrika Korps. Mais le grand tournant sera le débarquement allié de novembre 1942 en Afrique du Nord, à partir duquel va se reconstituer progressivement l’Armée française, notamment sous l’autorité du général Giraud, grâce au matériel américain. À l’issue de ce débarquement allié, effectué sans le concours du général de Gaulle et sans celui des troupes françaises, la situation politique est complexe en Afrique du Nord
(2). Plusieurs protagonistes cherchent à imposer leur autorité sur la France libre. La lutte politique entre de Gaulle et Giraud dure plusieurs mois, alors que les combats en Tunisie contre l’Axe font rage. Finalement, le 3 juin 1943, le Comité National Français de Londres et le Commandement Civil et Militaire d'Alger, fusionnèrent, sous la coprésidence des généraux de Gaulle et Giraud, dans le Comité Français de la Libération Nationale (CFLN), installé à Alger. Dès lors, l’Armée française va pouvoir se reconstituer avant l’engagement décisif en Italie.
Au cours de l’été 1943, 233.000 “ Nord-Africains ” seront mobilisés ou volontaires pour renforcer les troupes de la France combattante. Ils rejoindront les 363.000 soldats d’Afrique du Nord déjà sous l’autorité militaire (Européens et “ indigènes ”), 60.000 hommes venus d’AOF, 12.000 FFL, 20.000 évadés de France des camps de prisonniers et 10.000 volontaires féminines. Cette Armée, au cours de l’été 1943 regroupe un effectif d’un peu moins de 700.000 personnes, combattantes ou auxiliaires. C’est elle qui va participer, aux côtés des Alliées anglo-américains, à la Libération de la France, après les durs combats de Tunisie, de Sicile, d'Italie, de Corse et le débarquement allié en Provence de l’été 1944.
Le Corps Expéditionnaire français (CEF) est alors composé d'une part, du Détachement d'Armée A (ou CEF d’Italie), constitué de la 3e DIA (Division d'Infanterie Algérienne), de la 2e DIM (Division d'Infanterie Marocaine), de la 4e DMM (Division Marocaine de Montagne), auxquelles s'ajoutent les Goums marocains (les Tabors) ; le Détachement de l’Armée B est composé de la 1ère DB et la 5e DB (Divisions Blindées), et en Corse, de la 9e DIC (Division d'Infanterie ).