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LE SUJET

Expliquer le processus qui fait qu’un film va se mettre en route reste un mystère. Pour « Twentynine Palms », c’était une sensation. C’est le personnage - très furtif - de l’inspecteur de police de « La vie de Jésus » qui m’a donné l’envie de faire « L’humanité ».

Si on me demande : pourquoi ? Comment ? Je ne peux pas répondre. Ce qui m’importe, c’est le fait de décrire une histoire avec des images et des sons. Le travail du réalisateur est proche de celui du peintre. Matisse écrivait que ce qui est important dans une toile ce n’est pas le sujet c’est la disposition des choses autour du sujet, c’est la proportion des choses.

Les Flandres, par exemple, sont un mystère pour moi. C’est ma terre natale : viscérale, sensible, autrement dit sans raison. La caméra devient un microscope, un appareil qui se penche sur le sujetÉJ’ai besoin de la terre pour filmer les êtres humains. En les filmant, les Flandres rendent une part de l’existence humaine.

Il faut une histoire parce que l’histoire est le mouvement naturel de nos vies où se tissent nos liens. La mise en scène est un tissage, la guerre de « Flandres » est l’expression de la lutte de nos désirs

FLANDRES - un film de Bruno DUMONT - Visa d'exploitation 109.285
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