CREDO
de Lidya Bobrova
A la fin du siècle
dernier, dans la Russie profonde, vit une
famille : le père, Maxime, la mère Liouda, et leur
fils Valerka. Maxime noie dans l’alcool la douleur et
l’angoisse que lui cause son propre sort et le sort de
la Russie. Mais surtout il a trahi son pays et a livré
à l’ennemi allemand les plans du « moteur
perpétuel ». Il se livre à la police et demande à
être puni pour ses pêchés.
Ce n’est pas la première fois que Liouda va récupérer
son mari au poste de police et à chaque nouvelle
frasque, elle se voit obliger de payer une caution avec
l’argent qu’elle gagne péniblement de la vente des
légumes de son potager. Valerka, le fils, se bat
désespérément avec ses congénères qui se moquent de son
père. Celui-ci est la risée du village. Pendant que le
père a des préoccupations spirituelles (A quoi bon
vivre ? L’âme existe-t-elle ou pas ? Quel est
le sens de la vie ?) ; la mère s’occupe du
quotidien et de la nourriture.
Un beau jour, en préparant son devoir de littérature,
le fils lit à haute voix des extraits des « Ames
mortes » de Gogol et plus particulièrement le
passage sur la « Troïka-Russie ». Maxime est
frappé par le fait que cette troïka , qui symbolise la
Russie, soit conduite par un escroc, un vaurien :
qu’est ce que le grand écrivain voulait dire par là, il
y a déjà 200 ans ? En proie à une grande
agitation, Maxime cherche des réponses à cette question
auprès du professeur de littérature, auprès de son
compagnon de bouteille, auprès d’un pope de passage.
Il semblerait que la question de la troïka-Russie soit
inextricablement liée à d’autres questions : en
quoi croire ? et Dieu existe-t-il ?
Tout au long de cette quête, la famille va en voir de
toutes les couleurs : des situations comiques de
la vie ordinaires aux grands drames et interrogations
spirituelles !
